L’uncodiscarthrose désigne une arthrose localisée au niveau des vertèbres cervicales, souvent à l’origine de douleurs au cou et parfois de névralgies dans le bras. Vous vous demandez si vos douleurs cervicales, vos fourmillements ou vos raideurs peuvent venir de là, et quels examens ou traitements envisager. Cette pathologie, liée à l’usure naturelle du rachis cervical, touche de nombreuses personnes avec l’âge mais ne signifie pas systématiquement une perte de qualité de vie. Ce guide vous aide à comprendre les mécanismes en jeu, identifier les symptômes et envisager sereinement les options de prise en charge adaptées à votre situation.
Comprendre l’uncodiscarthrose cervicale et ses mécanismes

L’uncodiscarthrose touche les articulations uncovertébrales et les disques des vertèbres cervicales, avec des répercussions possibles sur les nerfs alentours. Pour bien la prendre en charge, il est essentiel de comprendre ce qui se passe dans votre colonne cervicale. Ces connaissances vous permettront de mieux décoder votre imagerie, de poser les bonnes questions à votre médecin et d’anticiper l’évolution possible de vos symptômes.
Comment se forme l’uncodiscarthrose et que signifie ce terme médical
L’uncodiscarthrose résulte de la combinaison de deux phénomènes : l’usure des disques intervertébraux qui perdent leur épaisseur et leur souplesse, et la dégénérescence des articulations uncovertébrales, petites structures situées sur les côtés des vertèbres cervicales. Cette double atteinte favorise la formation d’ostéophytes, ces petits becs osseux qui se développent en réaction à l’instabilité articulaire.
Avec le temps, ces ostéophytes peuvent réduire l’espace disponible pour les racines nerveuses qui sortent de la moelle épinière. Ce mécanisme explique pourquoi une simple usure articulaire peut parfois provoquer des douleurs irradiant dans le bras. Il ne s’agit pas d’une maladie rare ou exceptionnelle, mais plutôt d’un aspect particulier de l’arthrose cervicale, accéléré par certains facteurs comme les microtraumatismes répétés, les mauvaises postures ou simplement le vieillissement naturel du rachis.
Zones cervicales le plus souvent atteintes et liens avec la névralgie cervicobrachiale
Les étages C5-C6 et C6-C7 concentrent la majorité des cas d’uncodiscarthrose symptomatique. Ces segments sont particulièrement sollicités lors des mouvements de flexion et rotation de la tête, ce qui explique leur usure préférentielle. À ces niveaux, les trous de conjugaison, espaces par lesquels sortent les nerfs vers les membres supérieurs, sont naturellement étroits.
Lorsqu’un ostéophyte ou un disque abîmé vient réduire davantage cet espace, la racine nerveuse peut être comprimée ou irritée. C’est ainsi qu’apparaît la névralgie cervicobrachiale, cette douleur qui part du cou pour descendre dans l’épaule, le bras et parfois jusqu’aux doigts. Selon la racine touchée, les symptômes varient : C6 donne souvent des douleurs vers le pouce, C7 vers le majeur et C8 vers l’auriculaire.
Uncodiscarthrose, canal cervical étroit et myélopathie : quelles relations possibles
Au-delà de la compression des racines nerveuses, l’uncodiscarthrose peut participer au rétrécissement du canal cervical lui-même, l’espace central où passe la moelle épinière. Lorsque les becs osseux se développent vers l’arrière et que les disques dégénérés bombent, ils peuvent empiéter sur ce canal. Si le rétrécissement devient significatif, une compression de la moelle apparaît : c’est la myélopathie cervicale.
Les symptômes de la myélopathie diffèrent de ceux de la simple névralgie. On observe alors une maladresse des mains rendant difficile le boutonnage d’une chemise, des troubles de l’équilibre, une sensation de jambes raides ou lourdes, voire des troubles urinaires dans les formes évoluées. Cette situation nécessite une surveillance neurologique rapprochée car elle peut évoluer progressivement. L’uncodiscarthrose n’est alors qu’un maillon d’un tableau plus global nécessitant parfois une intervention chirurgicale.
Identifier les symptômes typiques et poser le diagnostic d’uncodiscarthrose

L’uncodiscarthrose est souvent découverte à l’imagerie, mais ce sont vos symptômes qui guident réellement la prise en charge. Une image radiologique inquiétante sans symptôme ne justifie généralement aucun traitement agressif. À l’inverse, des douleurs importantes avec une imagerie modérée appellent une approche thérapeutique active. Cette partie vous aide à faire le lien entre ce que montrent les examens et ce que vous ressentez au quotidien.
Quels sont les symptômes évocateurs d’uncodiscarthrose cervicale au quotidien
Le symptôme principal reste la cervicalgie mécanique, cette douleur au cou qui augmente avec certaines positions prolongées comme le travail devant un écran ou la conduite automobile. Elle s’accompagne fréquemment d’une raideur matinale qui nécessite quelques minutes pour « déverrouiller » le cou au réveil.
Lorsqu’une racine nerveuse est concernée, des irradiations apparaissent dans l’épaule, le bras ou la main. Ces douleurs peuvent être accompagnées de fourmillements, de sensations de brûlure ou d’engourdissement. Certains patients décrivent une sensation de faiblesse dans le bras, rendant difficile le port de charges même légères. La fatigue musculaire des trapèzes et des muscles de la nuque est aussi très fréquente, créant parfois des céphalées de tension partant de la base du crâne.
| Type de symptôme | Manifestation courante |
|---|---|
| Douleur cervicale | Aggravée par les positions prolongées, amélioration au repos |
| Raideur | Surtout matinale, limitation des rotations de tête |
| Névralgie | Irradiation bras/main, parfois jusqu’aux doigts |
| Paresthésies | Fourmillements, picotements dans le membre supérieur |
| Faiblesse | Difficulté à porter des objets, perte de force |
Uncodiscarthrose, hernie discale ou simple arthrose cervicale : comment les distinguer
Sur une IRM ou un scanner cervical, il n’est pas rare de lire simultanément plusieurs termes : arthrose, discopathie, hernie discale, uncodiscarthrose. Ces éléments peuvent coexister au même niveau vertébral, car ils reflètent différents aspects d’un même processus dégénératif. La discopathie désigne l’usure du disque, la hernie sa saillie hors de ses limites normales, et l’uncodiscarthrose l’atteinte spécifique des articulations uncovertébrales.
Ce qui compte vraiment, c’est de savoir quel élément est responsable de vos symptômes. Une hernie peut comprimer une racine nerveuse, tout comme un ostéophyte uncovertébral. Parfois, les deux contribuent à la compression. C’est pourquoi un compte-rendu d’imagerie isolé ne suffit jamais : l’examen clinique réalisé par votre médecin reste central pour déterminer quelle lésion correspond à vos douleurs et mérite d’être traitée en priorité.
Quels examens réaliser pour confirmer le diagnostic et évaluer la gravité
La radiographie cervicale standard constitue le premier examen. Elle montre le pincement des espaces discaux, les ostéophytes uncovertébraux caractéristiques et l’alignement général des vertèbres. Cet examen simple et accessible donne déjà une bonne idée du degré d’arthrose présent.
L’IRM cervicale reste l’examen de référence pour évaluer précisément l’état des disques, visualiser les racines nerveuses et la moelle épinière, et mesurer le diamètre du canal cervical. Elle permet de différencier une compression par hernie discale d’une compression par ostéophyte et d’apprécier la présence d’œdème ou de souffrance nerveuse. Le scanner est parfois préféré pour mieux détailler les structures osseuses, notamment avant une intervention chirurgicale.
Selon vos symptômes, votre médecin peut compléter par un électromyogramme pour objectiver une souffrance nerveuse, ou des examens neurologiques spécialisés si une myélopathie est suspectée. Ces examens permettent d’établir un bilan précis et de graduer la sévérité de l’atteinte.
Soulager l’uncodiscarthrose : traitements médicaux, rééducation et gestes ciblés
La majorité des personnes avec uncodiscarthrose ne relèvent pas d’une opération. Un traitement médical bien conduit et une rééducation adaptée suffisent généralement à contrôler les symptômes et à préserver la mobilité cervicale. L’objectif n’est pas de faire disparaître l’arthrose visible sur l’imagerie, mais de calmer la douleur, restaurer la fonction et limiter les récidives douloureuses.
Comment traiter une uncodiscarthrose douloureuse sans recourir d’emblée à la chirurgie
Le traitement de première intention associe des antalgiques adaptés à l’intensité de la douleur, du paracétamol aux antalgiques de palier 2 si nécessaire. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être prescrits sur de courtes périodes lors des poussées aiguës, en l’absence de contre-indication digestive ou cardiovasculaire. Certains médecins proposent aussi des décontracturants musculaires pour soulager les tensions associées.
Des mesures physiques complètent ce traitement : application de chaleur locale, massages doux, ou au contraire froid en cas d’inflammation aiguë. Un collier cervical souple peut être utilisé quelques jours lors d’une crise très douloureuse, mais son usage prolongé risque d’entretenir la raideur et la fonte musculaire. Il doit donc rester ponctuel.
L’adaptation de l’ergonomie mérite une attention particulière : hauteur de l’écran d’ordinateur à niveau des yeux, pause régulières toutes les heures, évitement des positions en flexion prolongée du cou. La gestion du stress et des tensions musculaires par des techniques de relaxation peut aussi contribuer significativement à l’amélioration.
Place de la kinésithérapie et des exercices pour l’arthrose cervicale et l’uncodiscarthrose
La rééducation kinésithérapique constitue un pilier du traitement conservateur. Elle vise plusieurs objectifs complémentaires : renforcer les muscles cervicaux profonds qui stabilisent le cou, améliorer la posture globale, assouplir les tissus devenus raides et apprendre des gestes protecteurs au quotidien.
Le kinésithérapeute commence généralement par des techniques manuelles douces pour détendre les muscles contracturés, puis introduit progressivement des exercices actifs. Ces exercices, réalisables ensuite à domicile, incluent des mouvements d’auto-étirement, de renforcement isométrique et de proprioception. L’essentiel est la régularité : quelques minutes d’exercices quotidiens valent mieux qu’une séance intensive hebdomadaire.
La rééducation doit se poursuivre même après la disparition des douleurs aiguës, pour stabiliser les acquis et prévenir les récidives. Beaucoup de patients constatent que maintenir cette routine d’exercices leur permet de garder un cou fonctionnel et peu douloureux sur le long terme.
Infiltrations, traitements locaux et prise en charge de la névralgie cervicobrachiale
En cas de névralgie cervicobrachiale intense résistant au traitement médical initial, une infiltration peut être proposée. L’infiltration foraminale consiste à injecter un corticoïde directement au niveau du trou de conjugaison, près de la racine nerveuse comprimée. Ce geste est réalisé sous guidage radiologique ou scanner pour garantir la précision.
L’objectif est de diminuer l’inflammation locale autour du nerf, ce qui permet souvent une amélioration rapide de la douleur et des paresthésies. L’effet peut durer plusieurs semaines à plusieurs mois, période durant laquelle la rééducation peut être intensifiée. Dans certains cas, une infiltration épidurale est préférée, avec injection dans l’espace entourant la moelle.
Ces gestes infiltratifs ne s’opposent pas au traitement conservateur mais s’y intègrent. Ils permettent de passer un cap douloureux et de faciliter la participation active aux exercices de rééducation. Ils peuvent être renouvelés si nécessaire, toujours dans le cadre d’un suivi médical régulier.
Quand envisager une chirurgie et comment vivre avec une uncodiscarthrose
L’idée d’une opération pour une uncodiscarthrose peut inquiéter, mais elle ne s’impose que dans des situations bien définies. La grande majorité des patients apprennent à vivre avec des images d’arthrose cervicale tout en conservant une qualité de vie satisfaisante. Cette dernière partie vous aide à identifier les signaux d’alerte justifiant un avis chirurgical et à organiser votre quotidien de manière protectrice.
Dans quels cas une opération de la colonne cervicale devient-elle nécessaire
La chirurgie est discutée dans trois situations principales. D’abord, lorsque la douleur reste intense et invalidante malgré un traitement médical bien conduit pendant au moins trois mois, incluant rééducation et infiltrations. Ensuite, en présence d’un déficit neurologique évolutif : perte de force dans le bras qui s’aggrave, troubles sensitifs qui progressent.
Enfin, la présence d’une myélopathie cervicale confirmée cliniquement et à l’IRM constitue une indication forte à la chirurgie. Dans ce cas, l’objectif est de libérer la moelle épinière avant que les lésions ne deviennent irréversibles. Plus l’intervention est réalisée tôt dans l’évolution de la myélopathie, meilleurs sont les résultats fonctionnels.
La décision chirurgicale se prend toujours après un avis spécialisé auprès d’un neurochirurgien ou chirurgien orthopédiste spécialiste du rachis. Elle tient compte de votre âge, de vos attentes, de vos comorbidités et de votre capacité à suivre les suites opératoires. Différentes techniques existent, de la simple libération nerveuse à l’arthrodèse avec pose de matériel, selon l’étendue des lésions.
Vivre avec une uncodiscarthrose stable : habitudes, sport et prévention des poussées
Beaucoup de personnes gardent une uncodiscarthrose visible à l’imagerie sans douleurs majeures, à condition d’adopter quelques règles protectrices. L’activité physique régulière est encouragée, en privilégiant les sports sans impacts violents : natation (notamment sur le dos ou en crawl), marche, vélo avec guidon relevé, yoga doux, pilates adapté.
Un sommeil de qualité joue un rôle important : oreiller adapté maintenant le cou en position neutre, matelas ni trop mou ni trop dur. L’environnement de travail mérite aussi une attention : écran à hauteur des yeux, siège avec bon soutien lombaire, pauses régulières pour mobiliser le cou.
Certains gestes du quotidien sont à adapter : éviter de porter des charges lourdes sur l’épaule, limiter les mouvements brusques de rotation de la tête, apprendre à se positionner correctement pour lire ou utiliser un smartphone. Ces ajustements, une fois intégrés, deviennent naturels et contribuent significativement à espacer les épisodes douloureux.
| Activité recommandée | Activité à encadrer |
|---|---|
| Natation, marche, vélo | Sports de contact, rugby |
| Renforcement cervical doux | Musculation intensive trapèzes |
| Étirements réguliers | Mouvements brusques de rotation |
| Pauses fréquentes devant écran | Positions prolongées tête baissée |
Faut-il s’inquiéter du terme uncodiscarthrose sur un compte-rendu d’IRM cervicale
Lire « uncodiscarthrose » sur un compte-rendu d’IRM peut générer de l’anxiété, surtout si vous faites des recherches sur internet. Pourtant, ce terme reflète le plus souvent une usure naturelle liée à l’âge, observable chez de nombreuses personnes après 40 ans sans qu’elles ne ressentent forcément de symptômes.
L’essentiel est de déterminer si ces images correspondent réellement à vos douleurs. Une uncodiscarthrose modérée découverte par hasard lors d’un bilan pour un autre motif ne nécessite aucun traitement si vous n’avez pas mal. À l’inverse, même une uncodiscarthrose d’aspect modéré peut être très symptomatique si elle comprime une racine nerveuse à un endroit stratégique.
Un échange avec votre médecin, appuyé sur la confrontation entre l’imagerie et votre examen clinique, permet généralement de clarifier la situation. Il pourra vous expliquer quelles images sont significatives, lesquelles sont banales, et définir un plan d’action adapté. Dans la majorité des cas, ce plan reste conservateur et rassurant, laissant présager une évolution favorable avec un traitement médical bien suivi.
L’uncodiscarthrose n’est donc pas une condamnation à la douleur chronique ou à la chirurgie. Comprise, surveillée et prise en charge de manière adaptée, elle peut rester compatible avec une vie active et confortable. La clé réside dans une approche globale associant traitement médical, rééducation régulière, adaptation du quotidien et suivi médical pour ajuster la stratégie selon l’évolution de vos symptômes.
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