Vous hésitez entre « je me suis fait avoir » et « je me suis faite avoir » ? Cette question revient souvent, surtout lorsqu’on rédige un message important. La règle est en réalité plus simple qu’il n’y paraît : dans la plupart des cas, « fait » reste invariable, notamment quand il est suivi d’un verbe à l’infinitif. Mais il existe des situations où l’accord au féminin s’impose. Découvrez dans ce guide pratique comment choisir la bonne orthographe selon le contexte, avec des exemples concrets pour ne plus jamais hésiter.
Accorder ou non « fait » avec je me suis : le principe essentiel

La clé pour choisir entre « je me suis fait » et « je me suis faite » réside dans la nature de ce qui suit le mot « fait ». Quand un verbe à l’infinitif apparaît juste après, « fait » reste invariable, que vous soyez un homme ou une femme. En revanche, si « fait » n’est pas suivi d’un infinitif et décrit plutôt un état ou une transformation, l’accord devient possible et même recommandé.
Cette distinction peut sembler technique, mais elle devient intuitive avec la pratique. Le mot « fait » joue deux rôles différents selon le contexte : tantôt il introduit une action (avec l’infinitif), tantôt il décrit directement le sujet (sans infinitif). C’est cette différence fondamentale qui détermine l’accord.
Comment fonctionne l’accord de « fait » avec les verbes à l’infinitif ?
Lorsque « fait » est directement suivi d’un verbe à l’infinitif, il reste invariable dans tous les cas. Cette règle s’applique universellement, peu importe le genre de la personne qui parle. Ainsi, on écrit toujours « je me suis fait avoir », « je me suis fait remarquer » ou « je me suis fait surprendre », même pour une femme.
L’explication grammaticale est que dans ces tournures, « fait » ne fonctionne pas vraiment comme un participe passé classique. Il forme plutôt une locution verbale avec l’infinitif qui suit, où l’accent est mis sur l’action subie ou provoquée, pas sur le genre du sujet. C’est pourquoi l’invariabilité est la norme dans ces constructions.
| Exemple | Orthographe correcte | Sujet |
|---|---|---|
| Se faire avoir | Je me suis fait avoir | Homme ou femme |
| Se faire remarquer | Je me suis fait remarquer | Homme ou femme |
| Se faire gronder | Je me suis fait gronder | Homme ou femme |
Dans quels cas écrire « je me suis faite » au féminin devient correct ?
L’accord au féminin s’impose quand « faire » conserve son sens plein et n’est pas immédiatement suivi d’un infinitif. Dans ce cas, le participe passé qualifie directement le sujet, comme un adjectif. Par exemple : « je me suis faite toute belle », « je me suis faite plus discrète » ou « je me suis faite toute petite ».
Pour vérifier si l’accord est nécessaire, posez-vous cette question : puis-je remplacer « fait » par « devenue » ou « rendue » ? Si la phrase garde un sens cohérent, alors l’accord au féminin est justifié. Par exemple, « je me suis rendue toute belle » fonctionne parfaitement, ce qui valide l’écriture « je me suis faite toute belle ».
Cas concrets fréquents avec « je me suis fait » dans la langue courante
Certaines expressions reviennent régulièrement dans nos conversations et écrits quotidiens. Connaître leur orthographe correcte vous permet d’écrire avec assurance, sans devoir réfléchir à chaque fois. La bonne nouvelle, c’est que la plupart de ces tournures courantes suivent la règle de l’invariabilité.
Pourquoi écrit-on « je me suis fait avoir » même si l’on est une femme ?
L’expression « se faire avoir » est une tournure figée avec infinitif. Même si vous êtes une femme, vous écrirez toujours « je me suis fait avoir », sans « e » final. Cette logique s’applique à toutes les expressions similaires où « faire » introduit un infinitif.
D’autres exemples courants suivent exactement la même règle : « je me suis fait surprendre » (et non « faite surprendre »), « je me suis fait piéger », « je me suis fait gronder », « je me suis fait voler mon sac ». Dans tous ces cas, l’infinitif qui suit impose l’invariabilité de « fait ».
Je me suis fait ou faite opérer, plaisir, maltraiter : que dit la règle ?
Dès qu’un infinitif suit directement le mot « fait », la règle est simple : pas d’accord. On écrit donc « je me suis fait opérer », « je me suis fait plaisir » et « je me suis fait maltraiter », que le sujet soit masculin ou féminin. L’astuce pour ne jamais se tromper consiste à repérer immédiatement l’infinitif après « fait ».
Quelques exemples supplémentaires pour bien ancrer cette règle : « je me suis fait couper les cheveux », « je me suis fait livrer un colis », « je me suis fait accompagner », « je me suis fait vacciner ». Dans chaque cas, l’infinitif (couper, livrer, accompagner, vacciner) impose l’invariabilité.
Quand l’accord en « faite » s’impose réellement au féminin

Si la règle de l’invariabilité domine largement, il existe des situations où l’accord au féminin est non seulement correct, mais attendu selon la grammaire classique. Ces cas concernent principalement les phrases où « faire » décrit un état ou une transformation du sujet, sans introduire une autre action.
Comment choisir entre « je me suis fait belle » et « je me suis faite belle » ?
Avec un adjectif comme « belle », « discret », « présentable » ou « petit », l’accord au féminin est grammaticalement correct et même recommandé à l’écrit formel. On écrira donc « je me suis faite belle », « je me suis faite discrète » ou « je me suis faite toute petite » pour une femme.
Cette forme témoigne d’une bonne maîtrise de la langue et convient particulièrement aux contextes professionnels ou académiques. Toutefois, dans l’usage courant et à l’oral, beaucoup de locuteurs maintiennent « fait » invariable sans que cela pose problème de compréhension. Les deux formes coexistent donc dans la langue contemporaine.
Accord de « fait » sans infinitif : exemples pratiques et nuances d’usage
Lorsqu’aucun verbe à l’infinitif ne suit, la règle d’accord reprend ses droits. Si vous pouvez remplacer « fait » par « devenue » ou « rendue » dans votre phrase, alors l’accord au féminin est justifié. Par exemple : « je me suis faite plus patiente » (= je me suis rendue plus patiente), « je me suis faite rare ces derniers temps ».
Ces tournures sont moins fréquentes que celles avec infinitif, mais il est important de les connaître. Elles apparaissent surtout dans des contextes où l’on décrit une transformation personnelle ou un changement d’attitude. Pour un écrit soigné, privilégier l’accord renvoie une image de rigueur linguistique.
Repères rapides, erreurs à éviter et usage moderne de « je me suis fait »
Entre la règle grammaticale théorique et l’usage quotidien de la langue, il existe parfois un décalage. Les grammaires de référence maintiennent les règles d’accord, tandis que la langue parlée et informelle tend à simplifier en gardant « fait » invariable dans presque tous les cas. Connaître cette réalité vous permet d’adapter votre écriture au contexte.
Comment mémoriser facilement je me suis fait ou faite dans vos écrits ?
Pour ne plus hésiter, posez-vous systématiquement ces deux questions rapides : « Y a-t-il un infinitif juste après ‘fait’ ? » et « Puis-je remplacer par ‘je me suis rendu(e)’ ? ». Si un infinitif suit, gardez « fait » invariable sans réfléchir. Si la substitution par « rendu(e) » fonctionne et que vous êtes une femme, l’accord en « faite » est possible.
Cette méthode simple devient rapidement un automatisme. Avec un peu de pratique, vous identifierez immédiatement le type de construction et choisirez instinctivement la bonne orthographe. L’essentiel est de repérer la présence ou l’absence d’un infinitif, qui constitue le signal le plus fiable.
Que recommandent aujourd’hui les grammaires et l’usage sur cette difficulté ?
Les grammaires de référence confirment clairement l’invariabilité devant l’infinitif et admettent l’accord dans les autres cas, particulièrement avec un sujet féminin. Les ouvrages comme Le Bon Usage ou les recommandations de l’Académie française maintiennent cette distinction comme norme de l’écrit soigné.
Cependant, les linguistes qui observent la langue vivante constatent que dans la pratique courante, « fait » reste invariable même là où l’accord serait théoriquement justifié. Pour un courriel professionnel, une lettre de motivation ou un examen, mieux vaut suivre la norme grammaticale stricte. Pour un message rapide entre amis ou sur les réseaux sociaux, ne culpabilisez pas si vous écrivez spontanément « je me suis fait » sans accord.
En conclusion, retenez que la forme invariable « je me suis fait » couvre la grande majorité des situations, surtout avec un infinitif. L’accord au féminin « je me suis faite » reste pertinent dans des contextes spécifiques, notamment avec des adjectifs et en l’absence d’infinitif. En cas de doute, cherchez l’infinitif : s’il est là, vous ne vous tromperez jamais en gardant « fait » invariable.
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